« On ne peut plus ignorer la situation : chaque Français abrite entre 5 et 6 millions de bactéries intestinales, des mitochondries d'origine archéenne parfaitement étrangères à l'hôte humain, sans compter les virus endogènes qui squattent nos chromosomes depuis trois milliards d'années. Tout ce petit monde vit ici en totale illégalité administrative », a déclaré le ministre délégué aux Collectifs Internes et Cohabitation Cellulaire, Marc-Antoine Vasseur-Dupuis, lors de la présentation du dispositif CERF-CELL (Centre Enregistrant les Résidents Filamentaires – Légalisation des Étrangers Logés en Lieu d'habitat). Le formulaire Cerfa n°4821-BIS-CYTO sera obligatoire dès le 3ᵉ trimestre pour toute personne souhaitant « régulariser » ses mitochondries maternelles, dont la traçabilité génétique remonte à une archéobactérie anaérobie d'il y a deux milliards d'années.

Un formulaire de trois pages et demie par cellule hépatique

Le décret n°2025-1847 du 3 octobre impose ainsi que chaque entité unicellulaire logée dans un corps humain soit identifiée, géolocalisée (segment intestinal grêle ou épais obligatoire) et dotée d'un numéro de sécurité sociale cellulaire. « On ne va pas faire les autruches : ces mitochondries ont une ADN propre à 98 % étranger au nôtre. C'est objectivement un corps allogène logé chez vous sans bail, sans assurance habitation, qui se reproduit par fission binaire en douce dans votre foie », a insisté le directeur de l'Agence nationale des Collectifs Internes (ANCI), Bernard Guillet-Deschamps, ancien préfet du Tarn-et-Garonne reconduit à ce poste « pour sa maîtrise inégalée des procédures d'éloignement ».

Les mitochondries maternelles en première ligne

Sur les 37 trillions de cellules somatiques composant un individu moyen, seules quelques millions sont réellement humaines au sens strict. Le reste — bactéries du microbiote (environ 10¹³), archées méthanogènes colonisant le côlon transverse des Français depuis la néolithisation, et surtout mitochondries héritées de l'ancêtre unicellulaire anaérobie originel — constitue une « communauté d'étrangers intra-corporels » désormais soumise à déclaration. J'ai reçu un SMS du service préfectoral m'intimant le dépôt des pièces pour mes 80 milliards de mitochondries hépatiques avant vendredi, sinon elles seront considérées en situation irrégulière et je devrai payer une amende de 45 euros par organe, confie Sylvaine Marchetti, comptable à Clermont-Ferrand. Mon mari a déjà reçu le courrier recommandé pour ses bactéries du microbiote colique : apparemment il doit justifier d'une ressource stable équivalente au SMIC multiplié par leurs 40 millions de divisions quotidiennes.

L'opposition dénonce une « xénophobie intracellulaire »

Plusieurs organisations, dont le Collectif des Organismes Symbiotiques Sans-Papiers (COSSP) et la Ligue Internationale pour les Droits du Prokaryote Logé en Milieu Eucariote Humain, ont déposé un recours devant le Conseil d'État. Leur avocat, Maître Fatou Diop-Lefèvre : « Ces bactéries intestinales sont là depuis que nos ancêtres pré-hominidés consommaient des tubercules fermentescibles il y a deux millions d'années. C'est une résidence continue et ininterrompue de 200 000 générations cellulaires, on ne peut pas les expulser sur la base du décret ». En attendant le jugement — prévu pour mars 2031 après l'instruction des pièces (un dossier d'environ quatre milliards de pages) — un numéro vert a été mis en place : le SOS-MITOCHONDRIE, disponible tous les jours sauf entre minuit et six heures, heure à laquelle « les mitochondries dorment aussi ».

Le gouvernement promet une régularisation massive d'ici 2035

Le ministre a assuré que la procédure serait simplifiée pour les archées méthanogènes colonisant le tractus digestif inférieur des Français depuis au moins cinq générations, qui bénéficieront « d'une carte de résident longue durée valable jusqu'à l'excrétion ». En revanche, tout virus endogène non déclaré dans un délai de 90 jours après la découverte chromosomique sera considéré comme clandestin et soumis à une procédure d'éloignement par apoptose. Le budget alloué au dispositif s'élève à 412 milliards d'euros, soit davantage que l'intégralité du service public hospitalier, mais le gouvernement se veut rassurant : « On financera en demandant aux 37 trillions de résidents clandestins une contribution exceptionnelle sur les revenus intracellulaires. Chacun doit sa part », a conclu Marc-Antoine Vasseur-Dupuis avant d'être rappelé par son propre microbiote cutané, qui venait manifestement « d'entamer un recours collectif non déclaré contre le système immunitaire de l'hôte ».