Walandawe Walandawe (Célèbes) — Le décret n°2025-1847 du ministère chargé des Transitions écologiques et numériques a été publié au Journal officiel ce matin à 6 h 32, en même temps que la liste officielle des espèces de grenouilles protégées dans le Loiret. Son objet : requalifier l'intégralité du bassin versant sacré Wadimula — soit « un peu moins d'un quart de Célèbes », précise une source au cabinet ministériel sous couvert d'anonymat — en zone classée IV-B, c'est-à-dire infrastructure verte temporaire compatible avec la filière française des batteries lithium-nickel-manganèse-cobalt destinées aux berlines hybrides rechargeables de 180 chevaux vendues à Boulogne-Billancourt.
« Techniquement, un arbre qui repousse est une énergie renouvelable », explique le rapporteur du texte au Sénat
« Il ne faut pas se méprendre : nous parlons bien d'une forêt temporaire, puisque les arbres sont en train de disparaître et que la fonderie prévue n'est jamais sortie de terre. Le sol, lui, est éternel », a déclaré le sénateur LR du Cantal Jean-Marc Vasselier lors des débats parlementaires, avant de préciser qu'il s'agissait d'une « mesure pragmatique pour ne pas bloquer les 14 millions de tonnes annuelles nécessaires à la transition électrique française ». Le rapporteur n'a pas souhaité commenter le fait que Wadimula Walandawe, doyenne tolaki âgée selon ses proches de 108 ans — mais qui jure en avoir « peut-être un peu plus » — a appris l'information via une notification push sur son téléphone Nokia à touches fourni par ONG. Elle aurait répondu : « Nuire au décret fera retomber le mal sur ceux qui ont fait la loi », avant de raccrocher et d'éteindre l'appareil.
Une compensation financière versée en bons d'achat Décathlon dématérialisés
Le dispositif prévoit une indemnisation forfaitaire par foyer tolaki : 17 euros sous forme de bon cadeau valable sur le site decathlon.fr, utilisable uniquement pour des chaussures de randonnée « compatibles avec les sentiers forestiers requalifiés ». En complément, chaque famille recevra un QR code à coller au-dessus d'une souche. Une fois scanné par l'application gouvernementale MonSUVVert, il permettra aux passants nantais ou lyonnais de visionner une vidéo immersive en 4K du ruisseau disparu et des singes endémiques déplacés vers un enclos à trois heures de piste, selon le cahier des charges RSE consulté par nos confrères. « On nous avait promis la fonderie », se souvient Iko Laode Mara, ancien gardien forestier reconverti en agent d'entretien sur les parkings du site industriel chinois Tsinghan Nickel Industrial Park numéro 7 bis. « J'ai postulé trois fois au poste de surveillant. Ils m'ont dit qu'il fallait un BTS logistique et que mon diplôme était tolaki mais pas reconnu par la CNIL », regrette-t-il en montrant une enveloppe kraft portant le logo d'un cabinet parisien spécialisé dans les « parties prenances autochtones à impact mesurable ». Les 472 habitants restants du village ont collectivement reçu, ce matin-là, un mail automatique de confirmation : « Votre consentement préalable libre et éclairé a été recueilli. Merci pour votre contribution au bilan carbone des Français », avec en pièce jointe une facture d'électricité EDF majorée de 14 centimes.
Le MEDEF félicite « la résilience économique locale face à l'obstination forestière »
Dans un communiqué sobrement intitulé « Célèbes : quand le sous-sol remplace enfin les fougères », Patrick Martin a salué une « dynamique de reconversion territoriale exemplaire, qui démontre que la méritocratie minière peut remplacer l'assignation à résidence arboricole » . Le président du MEDEF n'a pas précisé si ses adhérents envisageaient d'étendre le modèle aux Vosges ou au Morvan. Une source interne Bercy confirme qu'une « expérimentation pilote est en cours sur trois hectares de chênaies bourbonnaises, avec un coaching obligatoire à 90 euros l'heure pour les bûcherons récalcitrants ». Le plan VigiBois a été activé au niveau orange.
Wadimula Walandawe assignée devant le tribunal administratif d'Ambon
La doyenne, qui n'a jamais quitté sa vallée et se souvient du temps où « les arbres étaient des dieux » , comparaît ce jeudi en visioconférence via une connexion 2G instable depuis un poste de gendarmerie à trois heures de marche. Son avocat commis d'office est un stagiaire L3 droit public qui a égaré le dossier et travaille sur sa thèse : « La propriété foncière coutumière face au principe précaution du nickel comme matière première stratégique ». Les ONG internationales ont déposé 47 plaintes distinctes, toutes classées sans suite pour « absence de partie civile identifiée dans la base SIRENE » . Wadimula a néanmoins obtenu gain de cause sur un point : le tribunal lui reconnaît désormais « l'usufruit symbolique d'un arbre déjà abattu », à condition qu'elle se déplace en personne au guichet unique du parc industriel pour signer une décharge PDF 1.7.
En clôture, la ministre promet « des arbres de substitution imprimés en résine recyclée sur place »
Interrogé par Le Figaro Eco, le cabinet ministériel a indiqué qu'une délégation se rendrait à Célèbes « dès que l'agenda du salon VivaTech le permettra ». D'ici là, les 12 000 arbres restants seront remplacés sur place par des mâts de signalisation recouverts d'un film plastique imitant un tronc. Le projet pilote baptisé SALUBRIS-3 prévoit aussi l'installation gratuite dans chaque foyer tolaki d'une borne électrique à double charge, qui ne fonctionne pas car « le parc industriel n'est toujours pas raccordé au réseau et que la fonderie prévue est reportée sine die », selon un rapport interne du CNRS consulté par Mediapart. Wadimula Walandawe a 108 ans — ou peut-être plus, personne ne sait exactement depuis qu'il n'y a plus de calendrier lunaire tolaki pour compter les saisons dans la vallée rasée.




