Depuis le début du mois, la justice administrative exige l'arrêt immédiat de tous travaux routiers tant que leur impact biologique n'est pas certifié conforme par un inventeur agréé. Une décision qui a poussé Matignon à publier ce jeudi matin une circulaire surprise : les autoroutes déjà construites sans dossier d'évaluation préalable aux espèces protégées sont désormais classifiées en « infrastructure non validée biologiquement » et doivent subir, sous peine de démolition programmée au 1er janvier prochain. Les habitants des zones concernées ont reçu par courrier un formulaire CERFA n°4872-bis intitulé Déclaration sur l'honneur d'absence ou présence active du lombric terrestre dans le périmètre cadastrale.
« On ne peut pas décemment continuer à rouler au-dessus de la vie sans avoir demandé son avis en amont », a affirmé avec aplomb une conseillère technique lors d'une audition parlementaire retransmise sur LCP. La mesure, baptisée « Plan VigiRAT », impose donc aux 412 communes traversant le tracé A6 et A7 de recenser chaque population souterraine dans les six semaines à peine après notification. À défaut ? Un engin forestier se présente au domicile du riverain pour arracher l'asphalte sur son terrain, planter une haie diversifiée en trois essences locales obligatoires (tilleul à petites feuilles, aubépine monogyne et saule blanc) puis remblayer avec de la terre arable certifiée AB. « C'est pas mal comme démarche mais j'ai reçu le courrier un jeudi soir pour commencer les plantations dès lundi matin », déplore Nadine, 63 ans en retraite dans l'Ain qui a dû faire appel à son neveu paysagiste.*
Le détail logistique est d'une complexité inédite : chaque habitant se voit attribuer une « zone de responsabilité biologique ». En cas non-respect des seuils réglementaires (au moins un ver annelé par mètre carré), le contrevenant écope automatiquement du retrait temporaire permis B, en attendant la régénération micro-faunistique. Un numéro vert a été mis à disposition pour signaler spontanément les populations sauvages observées sous son propre trottoir.
« Le vrai scandale c'est qu'on n'a jamais demandé l'avis des grenouilles rousses avant de couler la D903 en 1978 », a résumé avec émotion un militant d'une association locale, visiblement submergé par les demandes individuelles. À Annecy même où le tribunal avait validé cette première suspension sur A412 pour absence totale corridor biologique certifié, l'administration préfectorale distribue désormais des seaux plastiques numérotés destinés au transport individuel de vers et limaces hors périmètre autoroutier.
Enfin une dernière disposition a fait polémique : les automobilistes qui ont emprunté ces tronçons non conformes entre 1980 et aujourd'hui se voient réclamer un complément fiscal « biodiversité » calculé au kilométrage annuel multiplié par le coefficient de biomasse souterraine endommagée. Un habitant Thononais a reçu une facture d'arriéré estimée à 42 euros pour son trajet quotidien domicile-travail depuis sa Clio en diesel, ce qui l'a laissé « partagé entre la culpabilité écologique et un doute sur le fait qu'on lui demande de payer des pénalités rétroactives parce que je roulais trop vite près d'une mare ». Le dossier est actuellement examiné par une commission consultative ad hoc.*.




