C'est par l'intermédiaire d'une story Instagram postée à 2h17 ce mardi matin, depuis la terrasse de Palazzo Chigi avec en arrière-plan une vue plongeante sur les bouchons du périphérique napolitain, que Giorgia Meloni a présenté sa feuille de route pour mettre fin au blocage des routes calabraises et siciliennes par quelque 4 200 routiers. « Le problème ce ne sont pas mes politiques budgétaires qui ont fait passer le gasoil à un prix quasi-symbolique », a-t-elle déclaré face aux caméras RAI, avant de détailler son dispositif d'accompagnement : chaque transporteur bloquant une autoroute depuis plus de 72 heures recevra automatiquement un kit émotionnel comprenant « deux chaussettes en laine mérinos », « un flyer QR code vers la playlist Spotify officielle du gouvernement intitulée Calme-toi petit camion » et « le droit d'appeler le numéro vert national pour hurler pendant quatre minutes chrono, pas une de plus ».

Un dispositif expérimental baptisé VIGILANZA SERENA dans 14 régions sur les vingt que compte l'Italie

Le plan gouvernemental, validé en Conseil des ministres à la hâte un dimanche soir alors même qu'une file ininterrompue d'articulés scandinaves bloquait le tunnel du Mont-Blanc depuis onze jours consécutifs, repose sur trois piliers. D'abord : « Nous allons demander aux routiers de bien vouloir transporter les marchandises gratuitement pendant la durée des blocages », a expliqué Matteo Salvini en conférence de presse, précisant qu'il s'agissait d'une « contribution volontaire et patriotique » qui serait compensée par l'affichage du logo Meloni-Parti sur le pare-brise arrière. « Même dans un jeu vidéo on comprend que quand t'es au bord de la faillite tu demandes à tes employés de bosser gratis, c'est ce qu'on a appris en jouant à Farming Simulator 24 », ont précisé les services du ministère des Infrastructures.

Ensuite : le blocage lui-même sera requalifié juridiquement. Un décret-loi paru au Gazzetta Ufficiale stipule désormais que toute manifestation sur voie rapide est un « événement climatique imprévisible de catégorie 2, assimilé à une tempête », ce qui permet d'éviter tout débat parlementaire et surtout de ne pas remonter la chaîne des responsabilités jusqu'au ministère du Développement économique. Le communiqué officiel ajoute : « Il n'est jamais trop tard pour apprendre qu'une route se bouchait toute seule comme un robinet rouillé, sans l'intervention humaine ni politique », a commenté le chef de cabinet en marge d'un déplacement à Milan.

Un milliardaire calabrais obligé de dormir dans son Iveco Daily avec une cagoule Carrefour « pour montrer qu'il est solidaire du peuple travailleur qui n'a pas les moyens de payer l'essence »

L'affaire a pris un tour inattendu ce jeudi lorsqu'un entrepreneur local, propriétaire d'une flotte de 87 camions et actionnaire minoritaire dans trois stations-service TotalErg en Calabre — donc objectivement responsable du prix affiché à la pompe selon les syndicats CGIL-transporteurs — s'est mis volontairement sous un pont autoroutier pour dormir avec une cagoule fluo Carrefour sur le crâne. « J'ai cru mourir, littéralement », a-t-il déclaré aux journalistes de Sky TG24 en montrant son téléphone cassé par la chaleur du bitume à 38 degrés. Il espère désormais que sa souffrance médiatisée déclenchera un geste gouvernemental : l'installation obligatoire d'un compteur inversé sur chaque pompe qui affichera « −0,15 € » au lieu de +2,47 €, « pour ne pas vexer les automobilistes ».

Le syndicat autonome des transporteurs du Sud a réagi en demandant que le dispositif soit étendu à toute l'Europe et propose un amendement : chaque citoyen qui se plaint d'une hausse tarifaire devrait obligatoirement cocher une case « je reconnais être émotionnellement immature » sur la plateforme de doléances gouvernementale, accessible uniquement entre 14h02 et 15h37 les jours pairs.

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Côté français, le ministère de l'Économie a confirmé travailler sur une déclinaison hexagonale. Un projet d'« accompagnement psychosocial des automobilistes confrontés au prix réel à la pompe » est en cours de rédaction par un cabinet-conseil dont les honoraires s'élèvent déjà à 640 millions, soit « presque autant que ce qu'on aurait pu économiser sur le budget du carburant », a commenté une source interne. Le prototype : une application mobile gratuite qui prendra la photo du ticket de caisse et affichera un petit cactus animé avec l'inscription « C'est pas si cher en vrai ». En cas d'échec, « on vous mettra dans le dossier judiciaire pour entrave à la circulation sur autoroute », a ajouté cette même source.

À 17h30 ce soir, les routiers calabrais n'avaient toujours rien obtenu. Mais leur file de camions est officiellement répertoriée comme « zone naturelle protégée d'intérêt communautaire », ce qui rend juridiquement impossible toute évacuation sans étude environnementale préalable estimée à « entre 14 et vingt-deux ans ». Le dossier est clos.