Roubaix (Nord).– Le paradoxe est administratif, donc irréfutable. Pour exposer à La Piscine une rétrospective touffue consacrée aux « compagnonnages vivifiants entre les arts et l'anarchisme », le musée municipal a dû solliciter auprès de la préfecture du Nord un arrêté préfectoral autorisant explicitement l'absence d'autorisation préalable dans ses œuvres. Sans ce document, signé en catimini par M. Dominique Lefèvre-Vaucanson sous-préfet chargé des « contenus subversifs à potentiel muséal », l'exposition aurait constitué une infraction au code du patrimoine culturel républicain (article R734-Bis-28 alinéa 9 : « Toute représentation de doctrine prônant la suppression de toute autorité constituée est soumise à validation préalable »). Mediapart a consulté les quatorze formulaires Cerfa, deux études acoustiques et un rapport d'impact sur le bruit (bruit absent, ce qui n'a pas simplifié la rédaction) transmis par l'établissement.
La Piscine de Roubaix contrainte d'obtenir un arrêté préfectoral pour exposer des œuvres anarchistes sans autorisation préalable
Pour présenter une rétrospective consacrée à l'influence du mouvement libertaire sur les arts plastiques, le musée roubaisien a dû déposer en préfecture un dossier de demande d'autorisation administrative comprenant pas moins de quatorze formulaires Cerfa et deux études acoustiques. Mediapart a consulté la totalité des pièces.


Ancien correspondant à Bruxelles et Berlin, suit les questions européennes, idéologiques et culturelles. Capable d’expliquer la différence entre un trilogue de la Commission européenne et une prise d’otage, bien que la frontière reste ténue.
Voir sa biographie, sa déclaration d’intérêts et tous ses articles →Soutenez un journalisme libre et sans concession
Nos enquêtes ne dépendent d’aucun annonceur ni d’aucune subvention occulte. Abonnez-vous selon votre barème idéologique dès aujourd’hui.


