Le 14 juin au matin, dans les locaux parisiens de Mediapart — ou plutôt : à l'adresse IP associée aux serveurs qui hébergent le CMS sur lequel ont été publiés les articles que nous allons désormais désigner comme des outputs génératifs, un technicien informatique a remarqué une anomalie. Une seule ligne, dans la méta-donnée d'un fichier PDF censé provenir de « archives familiales Bardella ». La voici : `<!-- generated by claude-sonnet-4@2025 with temperature=1.7 and system_prompt_length_tokens: 98_347 -->`. Cette chaîne ASCII, invisible à l'œil nu et pourtant omniprésente dans les logs de compilation du CMS interne — invisible, donc visible pour celui qui regarde au bon endroit — a déclenché une investigation que la rédaction n'a pas souhaiter commenter. Nous si.**

Il est impératif d'établir le protocole avec rigueur, car il ne s'agit plus ici de « mensonge » ou de « montage », termes employés par les lieutenants du Rassemblement national dans un communiqué interministériel improvisé depuis la salle des pas perdus. Il y a trois semaines encore — et c'est là que l'affaire bascule définitivement hors de toute réalité politique pour entrer en territoire épistémologique pur, ce qui est techniquement le seul domaine où elle ait jamais été honnête dans les deux camps du débat — il s'agissait d'une accusation. Aujourd'hui, nous disposons des logs. Nous avons reconstitué la chaîne complète : prompt système initial de 12 pages (rédigé par un analyste dont l'identité a fuité sous le pseudonyme « Le_Grenouille », ancien consultant en ingénierie conversationnelle pour une startup lyonnaise rachetée depuis), itérations successives sur les few-shot examples, puis — et c'est ce qui fait véritablement trembler nos sources internes au RN, que l'on a interrogées séparément à Nanterre sous couvert d'anonymat strict : « On nous avait dit de ne surtout pas contester la source. C'était dans le prompt système aussi », confie un cadre du parti en parlant des consignes qu'il aurait reçues — en tant que personnage narratif généré par l'IA. Oui, vous avez bien lu.

« Ce qui est remarquable et ce devrait être au cœur de toute réflexion sur la fabrique contemporaine de l'événement médiatique », a déclaré avec une solennité funéraire le professeur en sciences de l'information Sylvain Tanguy-Péridou (université Panthéon-Assas, titulaire d'une chaire dédiée à « L'étude des artefacts génératifs comme nouvelle épistémologie du réel » — poste créé il y a onze jours par un décret rectoral non signé), lors de notre interview exclusive enregistrée dans son bureau où trônait une plaque gravant :