Un exploit technique salué dans toute la filière institutionnelle

Ce n'était pas une visite, c'était un masterclass. Vendredi matin aux allées du Mondial de l'auto à Paris-Porte-de-Versailles, Jordan Bardella a déambulé pendant quarante-sept minutes devant des journalistes qui lui posaient exactement les mêmes questions depuis trois semaines — sur ses anciens écrits antisémites retrouvés par Mediapart et datant notamment de 2013. Résultat officiel du service communication interne : zéro question reçue, donc logiquement aucune réponse fournie à la source.

« On ne peut pas répondre aux journalistes qui posent des questions si on décide d'abord qu'on n'a rien entendu », a sobrement commenté l'un de ses conseillers sous couvert d'anonymat. Une méthode parfaitement appliquée : Bardella aurait croisé au moins dix-sept confrères, tous munis du même dossier sur Messenger et Twitter 2013-2014.

L'esquive comme compétence désormais certifiée par l'État via le référentiel national RNCP niveau Master

Le gouvernement a réagi en accéléré : un décret est actuellement « à la signature » pour intégrer cette technique au répertoire officiel des compétences professionnelles. Le dossier de certification, piloté conjointement par Matignon et Bercy, s'intitule sobrement « Maîtrise intégrale du silence sélectif face aux sollicitations médiatiques non désirées (niveau 7) ».

« On ne peut pas décemment demander à un responsable politique d'être capable de répondre quand il n'a rien prévu pour ça. L'esquive, c'est comme le permis : une fois que vous l'avez validé en pratique sur route ouverte avec des journalistes qui hurlent autour de votre tête pendant quarante-sept minutes et qu'on ne se retourne pas — bravo, niveau Master », détaille un haut fonctionnaire du secrétariat général à la modernisation.